Quand Félia se prend pour une critique musicale

                                        Quand tu passes sans transition du travail à un concert - photo du Teatro Estudio Cavaret

Le 29 mars dernier je suis allée au concert d'un artiste dont je n'avais même pas idée de l'existence il y a environ 6 mois et le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai pris une sacrée claqueEt prendre des claques musicales en concert, j'adore ça. Mais quand en plus je ne m'y attendais pas et que je connais à peine le répertoire de l'artiste que je vais voir, c'est encore plus drôle. Et si en plus de ça ledit concert me donne un shot d'énergie tel que j'en arrive à retrouver une inspiration que je croyais disparue et m'essayer enfin à certains projets qui me chatouillaient depuis un moment mais sans avoir encore trouvé la motivation de me lancer, je ne vous dis même pas.  

Déjà j'ai le chic pour découvrir des groupes et artistes deux à cinq ans après tout le monde. Parce que vous comprenez, c'est tellement mainstream de les découvrir avant tout le monde. Ensuite je ne connais pas grand chose qui me grise autant que cette euphorie en les découvrant, justement. Mes amis ne le savent que trop bien; "Roohlalala je viens de découvrir la musique de _______ (compléter par le musicien/groupe de votre choix), il faut absolument que tu écoutes ça c'est génial non mais écoute je te dis NON MAIS TU VAS ECOUTER BORDEL DE DIEU??!!". Mes proches ont la vie difficile. D'un autre côté, d'ailleurs, si je balance un morceau que j'adore à un ami et qu'il me répond d'un "heu, non." je me sens à peu près comme Jon Snow dans cette terrible scène finale du dernier épisode de la saison 5 de G.O.TSans exagération aucune.  

Reprenons.  

Il y a de ça quelques mois j'ai regardé un peu par hasard une vidéo de mode sur Youtube – l'un de mes plaisirs coupables du moment. Le contenu visuel était sympa, mais c'est la chanson utilisée en musique de fond qui m'a marquéeson ambiance feutrée mi-glauque mi-sexy, la guitare ni vraiment blues ni vraiment jazz qui se pose avec une irrésistible souplesse sur un rythme accrocheur et puis la voix, très grave et comme étouffée, saturée d'effets mais encore humaine. Je n'avais rien entendu de tel; une chanson m'évoquant quelque chose de familier que je croyais reconnaître mais sans parvenir pourtant à mettre un nom, un genre ou une identité musicale bien définie dessus.  
Qu'à cela ne tienne. Recherche du nom du groupe et de la chanson dans la section d'infos de la vidéo: Paper Trails de DARKSIDE. Connais pas. Recherche de la chanson sur Youtube pour la ré-écouter et lecture de la petite description du groupe : "Darkside is the great electronic producer Nicolas Jaar's duo with the guitarist Dave Harrington". Jamais entendu parler. Une photo des deux messieurs comme image de fond de la chanson? Jamais vus.  
Et là peut-être que certains d'entre vous hurlent déjà "MAIS COMMENT MAIS ELLE CONNAIT PAS NICOLAS JAAAAAAAAAAAAAAAR???" Beh non. Pour commencer je suis une inculte absolue en électro, ce qui est certes un peu sot parce que je me rends compte maintenant qu'un paquet de chansons et groupes que j'adore sont franchement versés dans la musique électroniques: Reign de UNKLE, le groupe !!! (Chk! Chk! Chk!), LCD Soundsystem, Crystal Castle, Austra ou encore Soulwax pour ne citer qu'eux. Pourtant l'idée du genre en soi m'avait toujours laissée de marbre. Il faut dire que jusque-là quand quelqu'un mentionnait "DJ" je pensais soit à David Guetta soit à Avicii et là forcément, non.  

Saviez-vous d'ailleurs que mon frère ressemble un peu à une version brune et basanée de David Guetta? Son estime de musicien en souffre beaucoup.  

Donc en gros j'aimais l'électro depuis un petit moment déjà, ou du moins certaines branches de la musique électro mais je ne m'en rendais pas encore compte et ne faisais rien pour mieux connaître cet univers musical. Il faut dire que j'ai été biberonnée au blues-rock à papa, alors les boutons, boites à rythme et softwares ne m'intéressent pas; donnez-moi plutôt des Rory, des Jimi, des guitaristes à fleur de peau qui foutent leurs tripes fumantes sur la scène. Dans ma tête la musique électronique ne pouvait jamais être "complète" si elle restait dénuée de "vrais" instruments ou d'une mélodie et de paroles suffisamment distinctes 
Je suis cependant une brave fille curieuse et ouverte; cette chanson Paper Trails me plaisant vraiment j'en ai donc regardé une version live.  
"Oh, j'aimeAh mais didon le monsieur il a une voix drôlement différente de son physique, c'est intéressant. Allez soyons fous, je vais écouter d'autres chansons d'eux et regarder leur page Wikipédia."  
Malgré ma réticence initiale en réalisant que le travail solo de Nicolas Jaar est donc orienté électro épurée je me suis tout de même essayée à écouter un ou deux de ses plus fameux live – Sonar 2012 et Boiler Room 2013, si ça vous intéresse.  
"Wow. En fait c'est bien. Je ne comprends pas vraiment ce que j'entends mais je ressens des choses, que se passe-t-il donc?". Il m'a fallu un sacré nombre d'écoutes pour seulement garder en mémoire une chanson mais curieusement, tout le panel sensoriel et émotionnel m'ont immédiatement frappée et séduite. Et au risque de me sur-répéter, il n'y a rien de plus grisant pour moi que de me prendre d'inattendues claques musicales. 
Naturellement, quand vers la fin du mois de février un ami sur Facebook a dit être "intéressé" par le concert de Jaar le 29 mars à Guadalajara et dont je n'avais pas la moindre idée, j'ai fait "YAAAHHRGH" et je me suis dépêchée d'aller acheter mon billet. Presque tous mes amis locaux ont d'ailleurs pété les plombs big time en apprenant sa venue, ce qui m'a un peu surprise; "Ah mais en fait il est connu le monsieur ou quoi?". Quand je vous disais que je n'y connaissais rien.   

Je suis allée à ce concert avec l'enthousiasme d'un petit scout à sa première excursion en forêt, ce qui est fort rare pour un artiste dont je ne connais finalement que très peu la musique. Je ne savais même pas à quoi m'attendre, n'ayant bien sûr encore jamais assisté à un "Live Act" de DJ. Pour être honnête j'espérais d'ailleurs au fond qu'il soit accompagné par d'autres musiciens comme avec DARKSIDE, étant clairement plus habituée à ce type de formule. Sachez également que je me suis rendue à ce concert toute cânée, directement à la sortie du travail un mercredi soir, encore dans mon attirail de prof et avec dix heures de cours à donner le lendemain. "Quelle admirable bravoure, quelle motivation!" vous entends-je vous exclamer. Et vous avez bien raison, car ce n'est pas chose facile pour moi de pouvoir profiter d'une soirée tardive avec la perspective de me lever à 6h30 le lendemain pour une journée de trime complèteGrand bien m'en fit cependant 
Bon, si ça vous intéresse je vous raconterai le reste dans le prochain post parce que ça commence à faire long, là. A suivre mes lapins.

Comments

  1. Tu es la grande prêtresse de l'écriture musicale ! Abasourdingue

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